jeudi 30 mai 2013

Ta contraception tu choisiras... ou pas.



Je ne suis pas Simone Veil mais je m'indigne énormément quand même de pleins de trucs et parmis ça, y'a ce qui concerne mon sexe. 

À 15 ans, j'ai eu mes règles et mes premières relations sexuelles. À partir de là, j'ai connu les capotes qui craquent car mal mises, les (connards de) partenaires qui assument pas et le stress de la petite graine dans le pot. Mais ça, c'était rien comparé à ce qui m'attendait. 
En première, j'ai rencontré mon premier vrai amoureux et après le désastre des premiers tâtonnements sous la couette, le monsieur en est venu à l'hypothèse que ses problèmes d'érections provenaient du préservatif. Bonne pâte, j'ai accouru au planning familiale de ma ville pour choisir une contraception. Choisir est un grand mot car on ne m'a pas vraiment laissé le choix, c'était la pilule, un point final. Quatre années d'enfer ont donc commencé. Bien naïve, j'ai supporté les prises de poids, les sautes d'humeur, la baisse de libido et surtout les migraines à répétition. Les trois premiers effets secondaires, ça on s'en foutait mais par contre, ce qui ne plaisait pas au gynéco, c'était la migraine. À savoir que, dans ma famille, on est migraineuse de mère en fille. Et puis comme on ne fait rien comme tout le monde, on a les yeux qui se bloquent, ce qui est sacrément flippant. Du coup, moi qui avais la Diane ( et oui la fameuse Diane), je suis passée par cinq autres pilules oestro-progestatives qui n'ont rien arrangé à la chose. 
Ce n'est qu'à l'âge de 21 ans que j'ai découvert que si la pilule ne me convenait pas, il y avait d'autres moyens contraceptifs. Après quatre années à faire le yoyo du point de vu physique comme du point de vu psychique et au bord de la crise avec le singe, on s'est callé bien calmement devant l'ordinateur et on a cherché. Et là, ça a été un choc parce qu'on m'avait baratiné avec la pilule en m'accusant presque d'être la fautive dans mon problème avec la contraception et qu'au final, je n'étais pas seule.
C'est pourquoi le lundi suivant cette découverte, je suis retournée au planning familiale. J'ai expliqué mes problèmes et là on m'a regardé comme une martienne en me disant : "Mais calmez vous, il fallait nous le demander plus tôt". Après une prise de sang à la recherche d'éventuelles chlamydias, on m'a posé mon stérilet en cuivre, car je ne voulais plus d'hormones dans le corps. J'ai passé les deux mois les plus merveilleux de ma vie, redécouvert mon corps et ma sexualité. Puis le drame je n'ai toujours pas de règles. Après un test de grossesses négatives et une écho pour voir la position de mon stérilet, on m'explique que j'ovule moins que les autres, que j'aurais des difficultés à procréer. J'accuse le coup, car même si je ne veux pas d'enfants, je me trouve défaillante. Trois mois plus tard, je saigne cette fois en permanence. Je supporte mal le stérilet, on me le retire sans me dire que des médicaments existent pour arrêter ces saignements. On me remet sous pilule, en attendant de me poser un implant. Cette pilule que je prends actuellement, je ne la supporte pas plus que les autres. Ce qui rend la pose d'un implant caduc.  Je suis retournée une fois encore au planning dans l'espoir qu'on m'aide à bout de force. Et je crois que ça a été le coup de trop. La gynécologue ne pouvant me prendre, j'ai vu une assistante sociale qui après mes explications m'a demandé avec un air de psy' de bazar si mon véritable problème ne venait pas de mon couple ou de ma vie en général, puis si au fond, je ne désirais pas secrètement être mère. Je ne me suis même pas enervée, trop sur le cul. J'ai répondu aux accusations, tout bêtement. Non mon couple se porte comme un charme et justement pour l'instant ça me va bien de vivre à deux et non à trois. Sous son regard inquisiteur, j'ai demandé au bord des larmes si la gynéco pouvait me prendre la semaine prochaine pour voir si on pouvait combiner un stérilet avec quelque chose contre les saignements continues. L'assistante sociale m'a répondu qu'elle voulait bien prendre rendez-vous mais qu'il ne fallait pas que je m'attende à la pose d'un stérilet car cela coutait cher et que je n'allais pas m'en faire poser un tous les 6 mois quand même aux frais du contribuable. Je suis donc repartie toute penaude avec un rendez vous pour la semaine prochaine. Qui vivra verra, comme dit l'autre.

Cette histoire, je vous la raconte parce que j'ai vu beaucoup de filles dans mon cas sur des forums et que personne ne se soulève. Il faut un scandale pour que tout le monde voit que la pilule est nocive et que d'autres contraceptions existent. Les lobbies pharmaceutiques se foutent clairement de notre gueule et payent grassement vos gynécos pour qu'ils vous prescrivent ce qui leurs ramènent le plus de bénéfices. La contraception est un choix que l'on ne devrait pas nous imposer. Et nous ne devrions pas culpabiliser du temps que nous mettons avant de trouver la bonne méthode contraceptive. 



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